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Déclaration de la CNAS-Faso Hèrè à l’occasion du 25ème anniversaire de la Révolution du 26 mars 1991

Déclaration de la CNAS-Faso Hèrè  à l’occasion du 25ème anniversaire de la Révolution du 26 mars 1991
26 mars 1991- 26 mars 2016 : Vingt-cinq ans de construction démocratique!
   Chers compatriotes !


       Le 26 mars 1991, sous la conduite de valeureux hommes et femmes, jeunes et vieux du Mouvement Démocratique, notre Peuple se débarrassait d’une dictature fermée à toute idée d’ouverture politique et incapable d’offrir des perspectives socioéconomiques crédibles à la jeunesse et aux couches laborieuses. Depuis, le Peuple malien a entrepris la difficile mais exaltante et salutaire tâche de construction de l’Etat de droit et de réponse à l’énorme demande sociale.
          D’importants et indéniables progrès ont été engrangés en matière de libertés publiques et individuelles, de libération de la parole politique, d’infrastructures physiques, et d’amélioration des indicateurs socioéconomiques. A maints égards, le bilan global est nettement plus positif que celui des 23 ans de l’Ancien régime. La Constitution démocratique de janvier 1992 a résisté victorieusement aux coups de boutoir des forces hostiles à l’Etat républicain et à ses valeurs fondamentales, tout en servant de point de convergence et de ralliement des forces politiques et sociales anti-putschistes, progressistes et démocratiques.
           Toutefois, force est de reconnaître que d’énormes défis restent à relever. Le Mouvement démocratique, qui s’est très rapidement fissuré sur l’autel des ambitions personnelles, des compétitions électorales et de la course à l’enrichissement personnel par le biais du contrôle de l’appareil d’Etat, ne saurait faire l’économie d’une auto critique face à la persistance, voire l’aggravation de certaines tares qui avaient alimenté la lutte populaire contre la dictature : corruption, crise de l’école et de l’emploi des jeunes, spéculation foncière et accaparement des terres urbaines et rurales, injustice sociale, difficultés d’accès géographique et économique aux services sociaux de base, paupérisation des couches urbaines et rurales, etc.etc.
           La crise du Nord, la montée en puissance des forces anti républicaines, anti-démocratiques et anti-laïcité, sur fond de défaillances des hommes chargés d’animer les institutions de la République, ont fait le lit du coup d’arrêt du 22 mars 2012. La résistance farouche et déterminée des forces anti-putsch a permis de restaurer l’ordre constitutionnel.
 

        Les élections générales de 2013, fortement influencées par les forces putschistes et hostiles à l’Etat républicain, démocratique, laïc et social, ont mis en place un nouveau régime dont la gouvernance à ce jour est largement inadéquate et contribue à aggraver le désarroi des couches laborieuses et à assombrir les perspectives de progrès économique et social auquel aspire profondément notre Peuple.   
         Face aux tentatives frénétiques de réécriture de l’Histoire récente de notre pays, la solution consiste à retrouver les valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991. La classe politique et la société civile, singulièrement celles issues du Mouvement démocratique, ont une mission historique qu’elles n’ont pas le droit de trahir.
          L’approfondissement du processus démocratique, la refondation de l’Etat et le rétablissement de son autorité au bénéfice exclusif du Peuple, l’appropriation nationale et participative du processus de sortie de crise et de recherche de solutions aux problèmes de la Nation, la restauration complète de l’intégrité territoriale et la recherche de solutions crédibles et durables à la récurrente crise du Nord, la recherche de solutions concrètes, crédibles et durables aux énormes difficultés de vie des populations urbaines et rurales, la refondation de l’Ecole et la recherche de solutions efficaces et durables au chômage des jeunes, la lutte contre la corruption et l’impunité, la libération de l’énorme génie créateur de notre jeunesse, des travailleurs des villes et du monde rural et de nos opérateurs économiques, l’émancipation complète de la femme, la reconstruction de l’outil de la Défense et de Sécurité, la réconciliation nationale sur base de la justice et de la vérité, la sauvegarde de nos valeurs sociétales positives dans l’ouverture ordonné sur le monde extérieur et la lutte contre l’obscurantisme, la prise en compte effective du changement climatique, la modernisation et la diversification de notre économie au profit du Peuple, la consolidation de l’unité nationale si chère au Président Modibo Keïta et à ses illustres compagnons de la lutte pour l’Indépendance, l’unité africaine et l’édification d’une économie nationale indépendante et planifiée, figurent dans la liste des priorités de l’heure autour desquelles doivent se construire une vaste convergence et l’unité d’action des forces de progrès.
         Cet agenda pour la refondation démocratique globale et la prospérité partagée ne peut être conduit et mis en œuvre que par un Etat central fort sous le leadership éclairé et efficace d’hommes et de femmes patriotes, pétris des valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991, bénéficiant de la confiance du Peuple, compétents, moralement intègres et capables de défendre la souveraineté de l’Etat sur nos ressources naturelles et face aux enjeux géostratégiques d’aujourd’hui et de demain.
 
      Gloire éternelle aux martyrs de la lutte de notre Peuple pour l’Indépendance véritable et la démocratie réelle!
      Vive la République du Mali, démocratique, laïque, sociale et unitaire!
       Pour construire le Mali de nos rêves et de nos ambitions, donnant des chances égales à tous ses enfants dans une Afrique unie, prospère et réclamant sa place, toute sa place, dans le concert des nations libres et solidaires, retrouvons ce qui nous grandit! 

 
     
Bamako, le 26 mars 2016

Pour le Bureau Politique National
Le Secrétaire Général


L’Ingénieur Soumana Tangara