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Communiqué du 20 janvier 2019 de la CNAS-Faso Hèrè sur les nouvelles velléités de tripatouillage de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992

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Le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè (Convention Nationale pour une Afrique Solidaire) met solennellement les pouvoirs publics en garde contre toute velléité de révision de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992 dans le seul but de satisfaire les revendications illégitimes de groupes armés dépourvus de toute représentativité et ramener au Mali l’ordre sociopolitique colonial au profit de forces sociales rétrogrades, féodales et esclavagistes naguère opposées à l’accession de notre pays à l’Indépendance et aujourd’hui hostiles aux valeurs de la République et à la démocratie.
La Constitution du 12 janvier 1992 n’est certes pas un Livre Saint, mais elle n’est pas non plus un chiffon de papier que l’on peut triturer à volonté sans raison valable. L’Histoire des Nations enseigne que la stabilité de la Constitution, loi fondamentale du pays, est une condition nécessaire à l’ancrage démocratique, à la solidité des institutions et au progrès économique et social car motif de confiance des acteurs politiques, économiques et sociaux.
Le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè rappelle que la Constitution du 12 janvier 1992, fruit historique de la Conférence Nationale de juillet/août 1991, est l’acte fondateur de la IIIème République. Elle a servi, entre autres, de point de ralliement des forces républicaines, démocratiques et progressistes pour faire échec au coup d’Etat du 22 mars 2012. Pour sa sauvegarde face aux assauts de la restauration anti-démocratique et féodale, le Peuple malien, sous la conduite de la Plateforme An Tèè A Bana, a obligé les pouvoirs publics à reculer dans leur projet antirépublicain et anti-démocratique visant à remettre en cause les acquis démocratiques et populaires du 26 mars 1991.
Encore plus qu’hier, le Peuple militant du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991 est déterminé à défendre sa Constitution démocratique et à faire échec à tout projet visant à embarquer le Mali dans une aventure mal inspirée et inutilement couteuse sous le prétexte fallacieux de corriger d’imaginaires « lacunes et insuffisances » que ses pourfendeurs n’arrivent pas à démontrer, alors même que des lois organiques voire ordinaires suffiraient pour prendre en charge certaines des préoccupations actuelles. Soit dit en passant, non seulement aucune constitution au monde ne peut gérer un coup d’Etat, lequel est par essence une négation même de toute constitution, mais la constitution malienne est la plus avancée au monde car elle fait du coup d’Etat un crime imprescriptible.
La CNAS-Faso Hèrè réaffirme solennellement que la crise multidimensionnelle que le Mali traverse n’est nullement imputable à la Constitution du 12 janvier 1992 ou à l’ordre démocratique qu’elle a instauré. En effet, ce sont des hommes et des femmes qui, par des pratiques politiques et institutionnelles violant la Constitution et à travers une abdication de leurs responsabilités, notamment pour n’avoir pas su endiguer la corruption généralisée de secteurs vitaux de l’Etat, jusque et y compris les Forces Armées et de Sécurité et la Justice, ont failli à leurs missions et créé les conditions non seulement d’un délitement de l’Etat, d’une perte de confiance du Peuple dans les institutions républicaines, mais aussi d’une intrusion de forces antirépublicaines et féodales dans le champ politique et d’une transformation de l’Etat en une ploutocratie à forts relents mafieux. En outre, avec l’Accord d’Alger et la menace réelle et imminente qu’il fait peser sur l’unité nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Mali, les pouvoirs publics ont manifestement violé la Constitution et créé le désarroi dans l’esprit des couches populaires. La nouvelle velléité de tripatouillage de la Constitution du 12 janvier 1992 est une nouvelle tentative désespérée visant à tordre le cou à la Loi Fondamentale du pays pour « blanchir » l’Accord antinational d’Alger, une manœuvre cousue de fil blanc et vouée à l’échec car le Peuple malien n’est pas dupe.
Le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè invite instamment le Président de la République et son Gouvernement à se concentrer sur les vraies priorités du Mali et à renoncer définitivement à toute tentative hasardeuse de tripatouillage de la Constitution pour épargner à notre Peuple meurtri de nouvelles convulsions dont il n’a point besoin.
La CNAS-Faso Hèrè invite l’ensemble des forces patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques à rester vigilantes et mobilisées pour la défense et la promotion des valeurs du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991.
Le Mali pour tous, des chances égales pour chacun/chacune !


Fait à Bamako, le 20 janvier 2019
Pour le Bureau Politique National
Le Secrétaire Général


Soumana Tangara