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Déclaration du Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè à l’occasion de l’An 8 du Parti de l’Avant-garde militante du Peuple malien

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   Ce jour, 30 mai de l’An de grâce 2019, la Convention Nationale pour une Afrique Solidaire (CNAS-Faso Hèrè) célèbre avec quelques jours de décalage le huitième anniversaire de sa création, cet évènement de portée historique qui a eu lieu le 25 mai 2011 en plein soleil et en pleine poussière dans le quartier populaire de Niamakoro, loin des fastes et des lustres des grandes salles de conférence et autres halls d’hôtels climatisés de Bamako. Le symbolisme de la date du 25 mai, fête de l’Unité Africaine, et du lieu, Niamakoro étant l’expression concentrée de toute la problématique de développement socioéconomique du Mali, annonçait déjà les couleurs d’un Parti de type nouveau dans l’arène politique nationale, un Parti révolutionnaire et démocratique financement essentiellement par ses militantes et ses militants revendiquant et assumant fièrement son rôle d’Avant-garde militante du Peuple malien ainsi que l’héritage, avec droit et obligation d’inventaire, des Pères fondateurs du Mali et des héros de la construction nationale ainsi que les valeurs fondamentales du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991.  

           Ces huit dernières années et nonobstant la modicité de ses moyens financiers dans un contexte où l’argent joue un rôle déterminant dans les résultats électoraux, la capacité de se déployer sur le terrain des activités politiques ainsi que la présence médiatique, la CNAS-Faso Hèrè s’est imposée sur l’échiquier politique comme l’Avant-garde militante du Peuple malien. Elle s’est prononcée en toute indépendance et en toute responsabilité sur toutes les grandes questions de la Nation. Ses prises de positions, ses analyses et ses propositions ont eu un impact significatif bien au delà de ses résultats électoraux officiels, toutes choses qui lui valent d’être considérées dans beaucoup de milieux, y compris dans certains cercles du pouvoir et à l’Etranger, comme « la tête pensante du Mali ».

A titre d’illustration :

1* La CNAS-Faso Hèrè a, dès le 5 avril 2012, proposé que soit convoqué un Congrès Extraordinaire du Peuple Malien pour tracer la voie du Mali nouveau et sortir durablement et efficacement notre pays de la crise multidimensionnelle qui le secoue depuis la fin de l’année 2011. Cette idée a été reprise plus tard dans l’Accord Cadre du 6 avril 2012 sous l’appellation de « Concertations Nationales ». Ces derniers temps, certains acteurs politiques et sociaux l’invoquent sous divers vocables, comme celui de « Dialogue National Inclusif ».

2* Certains des fondateurs de la CNAS-Faso Hèrè ont, dès le 20 février 2002, évoqué pour le Mali l’incontournable nécessité d’un Pacte Refondateur Global. Cette proposition a été renouvelée dans la perspective des élections générales de 2012/2013. Il est heureux de noter que de nombreux acteurs politiques et sociaux reprennent cette idée sous des vocables plus ou moins dérivés.

3* Avec ses partenaires regroupés au sein de l’ADPS (Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise), la CNAS-Faso Hèrè a, dans le Manifeste de la Nation issu du processus de Table Ronde dont les trois premiers rounds ont eu lieu les 1er et 8 décembre 2012 et 8 février 2015, indiqué le dialogue intra- et intercommunautaire comme voie de sortie de la crise multidimensionnelle. Cette idée est reprise aujourd’hui par l’ensemble des acteurs étatiques, politiques et sociaux.

4* La CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires réunis au sein de l’ADPS ont décortiqué l’Accord d’Alger (et ce, dès l’étape dite des Eléments de synthèse et du pré Accord) et démontré qu’il posait un diagnostic erroné des vagues successives de rébellion, violait la Constitution, contrevenait aux valeurs de la République et à la laïcité, déstructurait les Forces Armées et de Sécurité et visait à instituer une Confédération comme antichambre de la partition et de l’indépendance pour le fantasmagorique « Azawad ». Alors que, par opportunisme, dilettantisme et pusillanimité plusieurs acteurs politiques et sociaux adoptent des positions ambivalentes, changeantes et inconséquentes sur l’Accord d’Alger, la CNAS-Faso Hèrè et ses alliés de l’ADPS ont clairement rejeté ledit Accord et décidé de ne prendre part à aucune activité se situant dans le cadre de la mise en œuvre de cet Accord antinational qui viole le principe sacrosaint d’appropriation nationale du processus de sortie de crise et découle d’une absence totale de vision stratégique et d’esprit de suite chez les pouvoirs publics.  

La CNAS-Faso Hèrè ne s’oppose pas à un règlement politique des conflits, pourvu qu’il s’inscrive dans le strict respect de la Constitution, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté pleine et entière du Mali. Elle maintient que seul un Etat central fort, ancré dans la Constitution du 12 janvier 2012, peut et doit conduire les inévitables réformes politiques, économiques et sociales requises pour éradiquer les survivances féodales, esclavagistes, notamment dans la Région de Kidal, lesquelles étouffent l’émancipation de la jeunesse et servent tout simplement à préserver les privilèges non mérités d’une minorité ramant à contre courant de l’Histoire.  

5* Projet de révision constitutionnelle/ An Tèè A Banna : La CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires de l’ADPS ont joué un rôle prépondérant dans la création et l’animation de la Plateforme An Tèè A Banna contre le projet démocraticide de révision de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992. L’Assemblée Générale inaugurale du 8 juin 2017 à la Pyramide du Souvenir a regroupé une quarantaine de participants, dont plus de la moitié appartenait à la CNAS-Faso Hèrè et à ses partenaires de l’ADPS. L’appellation Plateforme An Tèè A Banna est une contribution du Président d’honneur de la CNAS-Faso Hèrè.

Face aux nouvelles velléités de tripatouillage de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992, la CNAS-Faso Hèrè a, une fois de plus et tout récemment encore dans sa réaction à la mise en place du Gouvernement du 5 mai 2019, mis solennellement en garde le Président de la République contre la violation flagrante de l’article 118 de la Constitution et réitéré son appel aux Forces Vives de la Nation pour un vaste mouvement de résistance aux assauts des forces nostalgiques de l’ordre sociopolitique colonial. La révision envisagée de la Constitution du 12 janvier 1992 est d’autant plus inopportune et injustifiée que certaines réformes, comme celles décourageant le nomadisme politique ou visant à instaurer la proportionnelle lors des élections législatives relèvent simplement du domaine de la loi (ordinaire ou organique). Au surplus, aucun Etat sérieux ou qui se respecte et respecte son Peuple ne saurait réviser sa Loi Fondamentale, surtout lorsque celle-ci est le fruit du sang, des larmes et de la sueur de ses fils et de ses filles, principalement parce qu’une certaine ‘’communauté internationale’’ l’exige pour faciliter la mise en œuvre d’un Accord qui n’a été approuvé ni directement, ni indirectement par le Peuple.

Alors que certains groupes qui, avant le putsch du 22 mars 2012, se targuaient, souvent sans preuve, d’être les acteurs-clé du 26 mars n’osent plus s’identifier ou être identifiés avec cette Révolution démocratique et populaire, la CNAS-Faso Hèrè continue et continuera fièrement à revendiquer l’héritage du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991 et à défendre l’ordre institutionnel et politique instauré par le Peuple malien ce 26 mars. Elle soutient que ce sont , non pas la démocratie, la Constitution et le Mouvement démocratique qui ont échoué, mais des hommes et des femmes bien connus qui ont échoué principalement pour avoir trahi les idéaux et les valeurs du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991 sur l’autel de leurs intérêts personnels aux dépens de ceux du Peuple.

6*Appui militaire extérieur/rôle de la France/ marchés de dupes : La CNAS-Faso Hèrè a toujours été d’avis que l’état de délabrement avancé de nos Forces Armées et de Sécurité est tel qu’un appui militaire extérieur s’avère nécessaire. Toutefois, le Parti de l’Avant-garde militante du Peuple malien a toujours a) mis en garde contre le marché de dupes que la Communauté internationale proposerait consistant à aider le Mali contre les djihadistes/terroristes tout en remettant en selle les séparatistes du MNLA et b) insisté sur l’impérieuse nécessité pour le Mali de conserver le contrôle politique de toutes interventions militaires sur le territoire national.

La CNAS-Faso Hèrè a toujours fustigé l’inadaptation du mandat de la MINUSMA et insisté que celle-ci et tous autres appuis militaires extérieurs soient destinés essentiellement à accompagner l’Etat malien dans ses efforts pour neutraliser toutes les forces négatives, c’est-à-dire toutes celles mettant en cause et en danger l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la laïcité de l’Etat républicain et démocratique. En tout état de cause, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè estime que la MINUSMA doit se concentrer sur le cœur de son mandat et éviter d’entreprendre toutes actions (genre construction/réfection d’écoles, de commissariats, forage de puits,etc,) qui l’amènent à se substituer à l’Etat et à délégitimer davantage aux yeux des populations.

Concernant spécialement l’ex-puissance coloniale, la CNAS-Faso Hèrè a, dès le 23 février 2012, fustigé le rôle trouble et troublant de la France dans la genèse et la continuation de la crise dans le septentrion malien. Le 25 mai 2014, à l’occasion de l’An 3 du Parti, le Président d’honneur de la CNAS-Faso Hèrè a directement et personnellement interpelé le Président de la République française, M. François Hollande, en lui demandant instamment de choisir entre le Mali et le MNLA.

La CNAS-Faso Hèrè a dénoncé le fait que, depuis l’entame de la crise multidimensionnelle en 2012, les Gouvernements successifs ont laissé la France inspirer les différentes résolutions du Conseil de Sécurité, lesquelles s’inspirent du distinguo artificiel entre « groupes armés maliens » - avec lesquels il convient de négocier – et « groupes djihadistes et terroristes » - qu’il est nécessaire de combattre. Or, il s’avère que ce faisant, la France elle-même est tombée dans un marché de dupes du MNLA. En effet, ce groupuscule sans légitimité avait fait miroiter à la France que, contrairement à l’Etat malien dont il fustigeait la complicité – réelle ou supposée- avec la nébuleuse djihadiste, l’Etat indépendant de l’Azawad combattrait AQMI et ne permettrait pas que des ressortissants français et, plus généralement occidentaux, soient pris en otages (ou entreposés comme tels sur son ‘’teriitoire’’). Or, il se trouve que, pour attaquer l’Etat malien, le MNLA s’est associé précisément à AQMI et affiliés, jusques et y compris la proclamation en juin 2012 de l’Etat Islamique de l’AZAWAD basé sur la Charia. La complicité entre la France et le MNLA a été au grand jour lorsque qu’elle a invité ses ressortissants à éviter le Mali car, notait-elle, ‘’ les djihadistes avaient prise le dessus sur le MNLA’’. Cette complicité active s’est manifestée à nouveau à l’occasion de l’Opération Serval et lorsque les troupes françaises ont bloqué les Forces Armées et de Sécurité maliennes à Anéfis aux portes de Kidal.

La CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires réunis au sein de l’ADPS ont été les premiers à dénoncer le projet d’Accord de Défense concocté par le régime et ses parrains hexagonaux et initialement prévu pour être signé - suprême injure au Peuple malien, aux Forces Armées et de Sécurité et à la mémoire du Président Modibo Keïta et des Pères de l’Indépendance- le 20 janvier 2014.

La CNAS-Faso Hèrè n’est pas opposée à la signature d’accords de coopération militaire avec tous partenaires respectueux de la souveraineté et des intérêts stratégiques de la République du Mali. Mais elle insiste sur l’impérieuse nécessité pour le Mali de conserver à tout moment et en tout lieu de son territoire et de son espace aérien le contrôle politique des actions militaires, y compris celles impliquant des partenaires bilatéraux ou multilatéraux.     

7*Découpage administratif : La CNAS-Faso Hèrè a clairement critiqué le projet de découpage administratif car créant une « majorité de représentation électorale » au détriment de la majorité démographique, notamment dans les régions du Nord du Mali, ainsi que des charges budgétaires insupportables et des sources d’inefficacités et d’inefficiences aussi bien pour la dépense publique que pour la dépense privée.

8*Prorogation du mandat des députés : La CNAS-Faso Hèrè a dénoncé le caractère anticonstitutionnel de la prorogation du mandat des députés de la législature 2013-2018.

9* Election présidentielle de 2018: Dans son Communiqué de presse du 28 juin 2018, le Bureau Politique National du Parti de la clé du progrès du Mali a informé l’opinion nationale et internationale que, en raison de contraintes financières insurmontables à l’époque, le Président d’honneur ne sera pas candidat à l’élection présidentielle dont le 1er tour était annoncé pour le 29 juillet 2018. Le Communiqué du Bureau Politique National dénonçait l’importance pernicieuse de l’argent dans les joutes électorales et mettait en garde contre le sérieux risque qu’à terme seuls les barons de la drogue et les professionnels du détournement des deniers publics et des marchés publics fictifs, arrangés ou surfacturés pourront briguer le fauteuil présidentiel par/pour eux-mêmes ou leurs protégés ou protecteurs. Par la même occasion, la Direction Nationale du Parti de l’Avant-garde militante du Peuple malien soutenait que de toute la classe politique active d’aujourd’hui, le Dr. Soumana Sako, premier civil Chef du Gouvernement depuis la fin du régime du Président Modibo Kéïta, l’incarnation crédible des valeurs et des idéaux du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991 ainsi que la valeur la plus sûre pour rendre à notre Peuple sa grandeur, son rayonnement, son intégrité territoriale, sa souveraineté pleine et entière, restaurer l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national conduire le Mali vers un progrès économique, social, culturel et technologique durable, équilibré et profitant à toutes les couches sociales et à toutes les régions du pays.

La CNAS-Faso Hèrè n’a donné aucune consigne de vote en faveur d’aucun candidat ni au premier tour ni au second. La Cour Constitutionnelle ayant proclamé les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle, le Bureau Politique National a félicité le candidat déclaré élu. Ce geste hautement républicain et démocratique était en totale conformité avec les stipulations de l’article 94 de la Constitution. En effet, on ne peut se targuer d’être républicain et s’insurger en même temps contre la Constitution, loi fondamentale de la République. Il convient de rappeler qu’en 2013, bien qu’ayant demandé à la Cour Constitutionnelle d’annuler les résultats du premier tour pour fraude massive et irrégularités criardes, le Bureau Politique National a néanmoins félicité le candidat déclaré vainqueur par ladite Cour, car c’est cela aussi, la République et la Démocratie.    

10*Accord politique et Gouvernement de mai 2019 : La CNAS-Faso Hèrè a dénoncé l’effectif pléthorique du Gouvernement du 5 mai 2019 et les chevauchements qui le caractérisent comme étant de sources de conflits d’attributions, de pesanteurs sur l’impulsion et la coordination de l’action gouvernementale autant que de surcharge budgétaire et d’inefficacités économiques. Aussi, notant que l’une des missions essentielles confiées audit Gouvernement consiste en la mise en œuvre de l’Accord d’Alger et du projet antidémocratique de révision constitutionnelle, le Bureau Politique National a réaffirmé son opposition inébranlable audit Accord et sa détermination à œuvrer, de concert avec l’ensemble de Forces patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques à faire échec à cette nouvelle tentative hasardeuse de tripatouillage constitutionnel.

L’Accord politique n’est qu’un inventaire incomplet des problèmes auxquels doit faire face l’Etat sans proposer ni un diagnostic ni, a fortiori, des pistes de solutions efficaces et durables. Il a donné lieu à des tractations souterraines et ainsi qu’à des retournements de vestes purement opportunistes et mis à nu la composition hétéroclite et souvent contre nature de certains regroupements créés à la suite du scrutin présidentiel de 2018.

11*Extension de la crise et de la violence à d’autres zones, y compris les localités du « Centre » : La CNAS-Faso Hèrè a noté avec préoccupation l’extension des attaques armées au delà du Septentrion malien. Elle alerté l’opinion publique nationale et internationale sur le fait que le ‘’Centre’’ du Mali était la pièce manquant au puzzle de la partition du Mali, l’extension des conflits à cette zone pouvant servir de prétexte pour forcer l’éclatement du pays et assouvir les desseins machiavéliques des milieux occidentaux qui semblent déterminés à créer un ‘’nouvel Etat’’ au Sahel au détriment du Mali. L’imbroglio tragique persistant dans le ‘’Centre’’ laisse à penser que les pouvoirs publics maliens ne sont probablement pas totalement innocents sinon dans la création de certaines milices à composante apparemment ‘’ethnique’’, du moins dans leur maintien en dépit de leur ‘’dissolution’’ par voie officielle.

   La situation de guerre civile larvée qui continue d’endeuiller les zones du ‘’Centre’’ du Mali démontre clairement l’échec patent du soit disant ‘’Plan de sécurisation du Centre’’ et la connivence de certains milieux bamakois avec les djihadistes qui écument la zone. Au surplus, l’extension des attaques terroristes d’inspiration djihadiste à d’autres zones, y compris Bamako et se régions limitrophes, met à nu l’absence d’un dispositif crédible d’alerte précoce et d’intervention rapide capable d’assurer la sécurité des personnes et des biens publics et privés.

12* Prise en compte du changement climatique dans le diagnostic des conflits et la recherche de solutions : La CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires réunis au sein de l’ADPS et du Front Populaire ont été les premiers à mettre en exergue les conséquences du changement climatique comme facteur exacerbant la compétition entre communautés et modes de vie et d’activités économiques pour le contrôle de ressources naturelles en eau et espace de culture, de pêche et de chasse allant en se raréfiant. La nécessité d’une gestion durable desdites ressources et de mécanismes transparents et équitables de conflits doit dès lors être prise en compte dans toute recherche de solutions durables aux conflits et pour empêcher les groupes armés d’en faire un prétexte et un outil de légitimation et de recrutement.

13* Immixtion des leaders religieux dans le champ institutionnel politique : La CNAS-Faso Hèrè a, dès le mois d’août 2012 à la faveur de la création de l’inutile Ministère des Affaires Religieuses et des Cultes, dénoncé l’immixtion de la religieux et des leaders religieux dans le champ institutionnel politique et le danger que ce phénomène représentait pour la préservation de la laïcité de l’Etat (un principe clairement stipulé dans toutes les Constitutions que notre pays a connues depuis la Constitution de la République Soudanaise et spécialement sanctuarisé dans la Constitution du 12 janvier 1992), pour la crédibilité des leaders religieux aussi bien que l’attachement certain de la grande majorité de la population à pratiquer la religion de leur choix sans interférence politicienne souvent à des fins électoralistes. Cette prise de position courageuse de la CNAS-Faso Hèrè en défense de la laïcité de l’Etat et de la Constitution lui a valu de faire l’objet d’une campagne féroce et pernicieuse qui n’a pas été sans effet sur nos résultats électoraux, notamment en 2013. Aujourd’hui, la justesse de la prise de position de la CNAS-Faso est reconnue par l’écrasante majorité du Peuple malien.

14* Instrumentalisation du facteur ethnique à des fins politiques et électoralistes : Dans un communiqué de presse daté du 5 juillet 2018, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè fustigeait l’instrumentalisation de l’appartenance ethnique, régionale, voire confessionnelle pour faire campagne soit en faveur, soit à l’encontre de tel ou tel candidat aux élections programmées. Le Parti de l’Avant-garde militante rappelait l’attachement du Président Modibo Keïta à la préservation et à la consolidation de l’unité nationale et de la coexistence harmonieuse entre communautés.

15*Criminalisation de l’apologie du terrorisme et du djihadisme: Dès l’origine et à plusieurs reprises, y compris dans un Communiqué de presse en date du 7 mai 2016, la CNAS-Faso Hèrè a fortement demandé à l’Etat de criminaliser le djihadisme, l’apologie du terrorisme ainsi que tous actes de stigmatisation inspirés par l’appartenance ethnique ou régionale, ce qui eût permis de juguler certaines dérives sanglantes qui, ces derniers temps, mettent à mal la paix et la tranquillité publique dans plusieurs contrées du pays.

16* Condamnation du plan CEDEAO de « résolution » de la crise d’Octobre 2014 au Burkina Faso : Comme son nom l’indique, la CNAS-Faso Hèrè a vocation à s’intéresser à tout ce qui touche à l’Afrique et aux peuples africains. C’est en harmonie avec cette vocation panafricaniste que le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè a condamné le plan anti démocratique concocté par le Médiateur de la CEDEAO consistant à légitimer le putsch militaire visant à voler la victoire du Peuple frère du Burkina Faso. Il est établi que cette prise de position historique de la CNAS-Faso Hèrè a contribué à galvaniser le Peuple burkinabé et à faire échec aux plans machiavéliques de la restauration anti démocratique.

17*Condamnation de décisions des pouvoirs publics violant les libertés publiques : La CNAS-Faso Hèrè a porté haut le flambeau de la défense des libertés publiques, y compris la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de presse et le droit de manifester publiquement et pacifiquement contre tout régime ou telle ou telle politique.

18* Condamnation de la « Déclaration d’Indépendance » du fantasmagorique Azawad en 2012 : Dans une Déclaration en date du 6 avril 2012, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè a condamné avec la dernière rigueur la soit disant ‘’proclamation de l’Indépendance’’ de l’imaginaire « Etat de l’Azawad ». Par la même occasion, il a fustigé ‘’le jeu trouble et troublant de certaines puissances qui, appâtées par les relents de pétrole, de gaz et les filons d’or et autres minérais précieux et stratégiques et cherchant à focaliser l’attention sur le seul danger posé par AQMI et les groupes djihadistes, rêvent en réalité de légitimer et d’organiser, sous couvert de négociations et d’autodétermination, la sécession du Nord du Mali selon du schéma du Sud-Soudan’’.

19* Condamnation de la non déclaration publique de ses biens par le Président de la République : La CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires regroupés au sein de l’ADPS ont été les premiers à dénoncer, dès le 2 avril 2014, la non déclaration publique de ses biens par le Président de la République en violation de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992 sur fond médiatique de l’Affaire Tommi. Il est aujourd’hui clair pour tout le monde que la non déclaration publique des biens du Président de la République faisait de la déclaration présidentielle de l’année 2014 comme celle de la lutte contre la corruption un slogan creux sans lendemain.

Par ailleurs, la CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires regroupés au sein de l’ADPS ont été les premiers à demander à l’Assemblée Nationale de créer une Commission parlementaire d’enquête sur les colossaux marchés d’équipement de l’Armée, lesquels ont entraîné la suspension des décaissements de certains partenaires du Mali, y compris les institutions de Breton Woods.

20* Initiative de la campagne de contributions populaires à l’effort de guerre en 2013 : C’est la CNAS-Faso Hèrè qui, par la voix de son Secrétaire Politique et à l’occasion d’un débat télévisé sur l’ORTM, a lancé l’idée d’une vaste campagne de souscription populaire pour financer l’effort de guerre en vue de la restauration complète de l’intégrité territoriale du Mali à un moment où les forces djihadistes occupaient et mettaient en coupe réglée plus des deux-tiers du territoire national.  

21* Appel à la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar et la Suisse pour soutien à la rébellion/récusation du médiateur de la CEDEAO : La CNAS-Faso Hèrè et ses alliés regroupés au sein de l’ADPS avaient demandé au Gouvernement de Transition de rompre les relations diplomatiques avec le Qatar et la Suisse, le premier pour soutien avéré aux djihadistes, la seconde pour appui indéniable aux forces séparatistes du MNLA. La CNAS-Faso Hèrè avait demandé au Gouvernement de Transition 2012/2013 de prendre toutes les initiatives diplomatiques nécessaires pour obtenir la condamnation de ces deux Etats par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

En outre, dans le Manifeste pour la Nation adopté le 8 décembre 2012 à l’issue du 2ème Round du processus de Table Ronde des Forces Vives de la Nation, la récusation du médiateur désigné par la CEDEAO était exigée pour fait de connivence active avec la rébellion indépendantiste et autres groupes armés se revendiquant du fantasmagorique ‘’Azawad’’.  

22* Création du Front Populaire le 5 mai 2018 : Dans la perspective du scrutin présidentiel de juillet/août 2018, la CNAS-Faso Hèrè et ses partenaires regroupés au sein de l’ADPS ont, le 5 mai 2018 sur le terrain populaire dit de Chaba à Lafiabougou, procédé au lancement de la Charte du Front Populaire avec comme ambition déclarée de créer les conditions politiques d’une victoire de la Gauche progressiste, patriotique, républicaine et démocratique aux compétitions électorales de l’année et de remettre le Mali dans l’orbite des valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991.

23*Rejet du projet de création d’un Haut Conseil d’Etat pour diriger la Transition 2012/2013 : En juillet 2013, de retour d’une longue période de soins et de convalescence à Paris à la suite de la barbare agression dont il fut l’objet au Palais présidentiel par des groupes pro-putsch, le Président de la République par intérim avait proposé que fût mis en place un Haut Conseil d’Etat doté de deux postes de Vice Présidents. La CNAS-Faso Hèrè et ses alliés réunis au sein de l’ADPS ont réussi à faire échec à cette idée scabreuse en démontrant son caractère anti constitutionnel.

24* Condamnation de l’Accord Préliminaire de Ouagadougou du (18) juin 2013 : Ledit Accord, dont les auteurs avaient oublié de le dater, est même en retrait par rapport à la résolution 2100 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et revenait essentiellement à légitimer la rébellion armée tout en faisant œuvre de faux et usage de faux sur la question de la laïcité.

25* Relecture de la loi sur l’aide publique aux Partis : La CNAS-Faso Hèrè a clairement démontré que la loi actuelle était une forme de corruption politique des partis pour les inciter à ne pas boycotter les élections même les plus frauduleusement préparées. Elle représente en outre une prime au statu quo et un encouragement aux forces politiques nouvelles à chercher à accéder au pouvoir par des voies anti démocratiques. La CNAS-Faso Hèrè a recommandé qu’une partie des économies pouvant résulter des réformes qu’elle a proposées à ladite loi soit affectée à la reconstruction des Forces Armées et de Sécurité.

26* Dans le programme de son candidat à l’élection présidentielle de 2013, la CNAS-Faso Hèrè se proposait de renforcer l’arsenal juridique de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, y compris à travers la prise en compte des situations de conflits d’intérêts et l’élargissement de l’obligation de déclaration des biens à d’autres agents publics nommés ou élus. Le régime issu des élections générales de 2013 avaient semblé s’engager dans cette voie mais reculé, tout comme il a fait marche arrière lorsqu’il a tenté de suivre la voie tracée par la CNAS-Faso Hèrè visant à renégocier les contrats miniers en faveur de l’Etat, des opérateurs miniers nationaux et des populations riveraines.

27* La CNAS-Faso Hèrè n’a eu de cesse de dénoncer l’absence de toute initiative du Gouvernement en vue de l’élaboration d’un Plan de relance de l’économie en l’absence duquel les tensions sociales, et leurs répercussions politiques, vont continuer à nourrir l’instabilité et le sentiment d’abandon des couches populaires et des populations rurales, toutes choses servant de terreau à la propagande des milieux hostiles à la République et à la Démocratie. En tout état de cause, les programmes d’ajustement structurel des institutions de Breton Woods ne peuvent tenir lieu de plan de relance d’une économie plombée par la crise multidimensionnelle- y compris la corruption des élites politiques, administratives, militaires et économiques- qui sévit depuis 2011 dans un contexte où, à maints égards, l’économie du Mali reste un économie de traite et extravertie (en plus du fait que les principales branches porteuses de valeur ajoutée – agrobusiness, télécommunications, mines, banques, etc. etc. sont dominées par des opérateurs non nationaux échappant largement au contrôle de l’Etat- exigeant une profonde restructuration.  

Conclusion :

La CNAS-Faso Hèrè reste fidèle à sa ligne politique qu’elle a clairement adoptée en toute indépendance et en toute responsabilité, savoir : a) éviter d’entreprendre quoi que ce soit qui puisse être de nature à précipiter une rechute du Mali dans les affres d’un passé non encore révolu et dont toutes les causes profondes n’ont pas encore été traitées en profondeur dans une perspective de long terme ; b) dénoncer à temps, dans un rôle de veille et de sentinelle du Peuple qui sied à tous citoyens dans une République démocratique, toute prémisse de dérives et d’actes du régime incompatibles avec l’intérêt général ainsi qu’avec les valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991 et c) saluer et encourager toutes actions du régime allant dans le sens des intérêts réels du Mali en tant que Nation solidaire et en tant qu’Etat indépendant, souverain, républicain, démocratique, laïc, unitaire et indivisible dans ses frontières internationaux reconnus avant la crise de 2011/2012.  

Les faits ont donné raison à la CNAS-Faso Hèrè et validé la justesse de ses analyses et de ses prises de position sur les grandes questions de la Nation. En effet, dès le prime abord, elle a su identifier les quatre principales menaces analytiquement distinctes mais intimement enchevêtrées dans la pratique   auxquelles le Mali est et demeure confronté sur fond de campagne hystérique contre la démocratie et les valeurs de la République. Ce sont: a) le péril sécessionniste, remettant en cause l’intégrité territoriale et l’unité nationale ; b) la menace intégriste, sapant la laïcité de l’Etat et les fondements de la République ; c)la menace bonapartiste et putschiste sur la démocratie et, enfin, d) la menace terroriste. La persistance de ces menaces et l’aveuglement du régime actuel ainsi que son entêtement à vouloir passer en force avec son projet anachronique de tripatouillage constitutionnel au profit de groupes armés sans légitimité et de forces sociales nostalgiques de l’ordre sociopolitique colonial amèneront prochainement la CNAS-Faso Hèrè à proposer aux forces patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques la tenue du 4ème Round du processus de Table Ronde des Forces Vives de la Nation pour mettre, par des voies exclusivement démocratiques et légales, un frein définitif aux plans de partition du Mali, de révision inopportune et mal inspirée de la Constitution du 12 janvier 1992 et de remise en cause de l’ordre politique et institutionnel issu de la Révolution du 26 mars 1991.

Le Mali pour tous, des chances égales pour chacun !

Bamako, le 30 mai 2019

Pour le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè

Le Secrétaire Général

Soumana Tangara