Déclaration de l’ADPS sur les récents développements de la crise multidimensionnelle qui continue de secouer le Mali

Le Directoire de l’ADPS (Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise note avec consternation le silence assourdissant du Président de la République et de son Gouvernement face à la conférence de presse organisée le 27 septembre 2016 par l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique.
 En effet, à cette occasion, l’Ambassadeur américain a tenu des propos violant son devoir de réserve, outrepassant son rôle, violant les usages diplomatiques,  consistant à donner des ordres à l’Etat auprès duquel il est accrédité et équivalant à une immixtion grave dans les affaires intérieures d’un Etat qui, quoique fortement affaibli, n’en demeure pas moins un Etat souverain membre de l’Organisation des Nations Unies.
 L’ADPS note que, dans sa déclaration liminaire lue à cette occasion, le diplomate américain indique clairement être au courant des relations continuelles entre les groupes armés d’une part, et les groupes djihadistes et narcotrafiquants d’autre part, Or, curieusement, l’Ambassadeur américain s’abstient de les nommer et se contente d’agiter la vague menace d’hypothétiques sanctions internationales à leur encontre. En lieu et place d’une condamnation ferme des groupes armés séparatistes et djihadistes, il est fort regrettable que le représentant du Gouvernement américain concentre son courroux sur les groupes d’autodéfense patriotique attachés à la restauration de l’intégrité territoriale du Mali. Chose bien curieuse pour qui connait l’importance historique des milices dans la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique et dans la Constitution de ce grand pays qui fut l’un des tout premiers à reconnaitre l’indépendance de la République du Mali.
 L’ADPS exprime son attachement à l’amitié et à la coopération entre le Mali et les Etats-Unis d’Amérique mais flétrit toute manipulation de l’aide financière extérieure comme moyen de pression ou de chantage sur l’Etat malien, nonobstant les errements de celui-ci en matière de gouvernance.
  Enfin, l’ADPS condamne avec la dernière rigueur la fuite en avant des pouvoirs publics qui, faisant fi de l’opposition ferme du Peuple malien et des mises en garde répétées des Forces Vives de la Nation, s’obstinent à vouloir mettre en place de soit disant « autorités intérimaires » qui ne sont qu’une prime flagrante à la rébellion armée et  au narcotrafic ainsi qu’une pièce essentielle du schéma diabolique de partition de la République du Mali.
  Tout en rappelant que, dès le 5 avril 2012, elle fut la première force politique à appeler à la convocation d’un Congrès Extraordinaire du Peuple malien pour rechercher une solution durable fondée sur l’appropriation nationale et démocratique du processus de sortie de crise et de profondes réformes démocratiques, économiques et sociales conduites par un Etat central fort et tendant à réduire les survivances esclavagistes, racistes et féodales qui sous-tendent les vagues successives de rébellion armée dans le Septentrion malien, l’ADPS réaffirme que le soutien de la communauté internationale doit consister essentiellement à aider l’Etat malien à neutraliser toutes les forces négatives, savoir, toutes forces menaçants l’intégrité territoriale du Mali dans ses frontières internationalement reconnues et le caractère républicain, démocratique et laïc de l’Etat malien.  
 Le Directoire de l’ADPS invite les Forces patriotiques, républicaines, démocratiques et progressistes à redoubler de vigilance et de détermination pour faire échec aux velléités de partition du Mali sur l’autel de convoitises internationales pour les énormes ressources stratégiques du Septentrion de notre pays.


                                    Fait à Bamako, le 24 octobre 2016
                                    Pour le Directoire de l’ADPS
                                    Le Conseiller Politique

                                    Ckeick Oumar Koné