Communiqué de presse de l’ADPS sur le projet d’Accord paraphé par le Gouvernement du Mali

Le Directoire de l’ADPS (Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise) s’est réuni ce mardi 10 mars 2015 au Siège de la CNAS-Faso Hèrè. Après une analyse approfondie de la situation politique et sécuritaire du pays, marquée notamment par le projet d’Accord issu des pourparlers d’Alger que le Gouvernement malien a paraphé, l’ADPS rejette catégoriquement ledit projet qui n’est qu’une copie certifiée quasi conforme du pré Accord que l’essentiel de la classe politique et de la société civile avait dénoncé dans le Manifeste de la Nation adopté le 7 février 2015 par la Table Ronde des Forces Vives Patriotiques.

En effet, l’ADPS constate que le projet d’Accord ainsi paraphé par le Gouvernement sans concertations préalables avec la classe politique et la société civile et dans le mépris total des intérêts supérieurs du Peuple malien:
1. Viole la Constitution de la République du Mali ainsi que les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l’ONU, notamment la résolution 2100 du 26 avril 2014;
2. Occulte les vraies causes fondamentales des rébellions armées successives dans le Septentrion malien ;
3. Loin d’être un Accord pour la Paix et la Réconciliation, constitue en réalité une menace grave et imminente pour l’unité et la concorde nationales et porte les germes d’une déstabilisation permanente du Mali, notamment dans les zones du Nord, et de la bande sahélo-saharienne en général;
4. Remet en cause la laïcité de l’Etat en introduisant les cadis dans le système judiciaire, toute chose préparant le terrain à l’émergence d’un phénomène Boko Haram au Mali;
5. Légalise et légitime de soit disant autorités traditionnelles en violation des principes et des valeurs de la République, notamment l’accession aux postes publics par le mérite et non par la naissance ou l’hérédité;
6. Ordonne une ethnicisation du recrutement et du commandement des Forces Armées, source de déstructuration et de fragilisation du système national de défense et de sécurité;
7. N’ordonne ni le cantonnement, ni le désarmement des groupes armés séparatistes et djihadistes;
8. Renvoie aux calendes grecques le redéploiement des Forces Armées et de Sécurité sur l’ensemble du territoire national;
9. Organise l’impunité pour les cas de désertion et pour les auteurs de graves crimes d’atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’Etat, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits humains commis dans les zones Nord du Mali;
10. Donne du fantasmagorique « Azawad » une définition abusive sans aucun fondement historique qui en fait une « Nation », toute chose préparant le terrain juridique, politique et diplomatique pour la revendication future d’un referendum d’autodétermination par les groupes séparatistes armés et leurs alliés djihadistes avec la caution de leurs parrains extérieurs;
11. Est fondamentalement déséquilibré en faveur des groupes séparatistes armés car ne mettant aucun engagement spécifique à leur charge;
12. Viole le caractère unitaire et indivisible de la République du Mali en proposant un système confédéral déguisé sous la forme de soit disant « régions » échappant à tout contrôle effectif du Gouvernement et dotées de presque toutes les compétences d’un Etat, en dehors de la monnaie et de la composante diplomatie des Affaires Etrangères;
13. Officialise une analyse Nord/Sud et promeut une approche régionaliste et communautariste de la gestion des affaires et des ressources publiques dans un pays fortement attaché à l’unité nationale et dans lequel les discriminations sur base ethnique ou régionale n’ont jamais eu droit de cité;
14. Accélère l’affaiblissement de l’Etat central alors même qu’il le charge de développer les régions du Nord au même niveau que les autres zones du Mali dans le délai irréaliste de 10 à 15 ans;
15. Viole le principe constitutionnel et républicain d’égalité des citoyens;
16. Remet en cause la souveraineté du Peuple malien et l’indépendance de la République en octroyant au Médiateur international un pouvoir de décision dans des domaines relevant de la souveraineté du Peuple et de l’Etat maliens.
Au regard de ce qui précède, l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise considère qu’il faut vraiment être un ennemi du Mali pour être pour le projet d’Accord issu d’Alger.

 

L’ADPS considère que le ‘’refus’’ des groupes rebelles et de leurs alliés djihadistes de parapher le projet d’Accord n’est qu’un grotesque simulacre et une stratégie concoctée avec leurs parrains extérieurs visant à duper le Peuple malien et à tromper la vigilance des Forces Vives Patriotiques opposées au plan diabolique de partition du Mali et de création d’un nouvel Etat au Sahel pour assouvir des rivalités géostratégiques pour lesquelles nos Peuples et nos Etats ne sont que des pions dans un vaste jeu d’échecs.
L’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise rappelle solennellement à la communauté internationale que ses vrais intérêts à court, moyen et long terme résident dans la promotion d’un partenariat stratégique et économique gagnant-gagnant avec le Peuple malien dans le respect de la Constitution et de la souveraineté de la République du Mali et non dans la poursuite du marché de dupes avec les séparatistes et leurs alliés djihadistes.
En conséquence, l’ADPS invite l’ensemble des forces patriotiques, progressistes, républicaines et démocratiques à dénoncer publiquement le projet d’Accord et à se désolidariser de la volonté du Gouvernement de le signer.