Déclaration de l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de Crise (ADPS) à l’occasion du 26ème anniversaire de la Révolution du 26 mars


  26 mars 1991-26 mars 2017 !
   Voilà 26 ans, au prix de mille sacrifices, le Peuple militant du Mali mettait fin à une dictature de 23 ans et instaurait un régime démocratique fondé sur le multipartisme et l’Etat de droit. En plus de la quête de libertés démocratiques fondamentales, le Peuple malien aspirait fortement à la justice sociale, à une gestion transparente des ressources et des affaires publiques, à l’édification d’une économie de progrès libérant les initiatives créatrices publiques comme privées au bénéfice de toutes les régions, de toutes les couches urbaines et rurales et de la diaspora ainsi qu’à des solutions crédibles et durables aux crises qui ont servi de détonateur à la Révolution populaire, savoir : crise de l’école, chômage des jeunes, difficultés de vie et paupérisation des couches urbaines et rurales, corruption des élites politique, bureaucratique et militaire, etc. etc. .
  Depuis, sous l’égide de la Transition démocratique 1991-1992 et de la IIIème République qu’elle a portée sur les fonds baptismaux, le Peuple malien a accompli des progrès indéniables, notamment dans le domaine des libertés publiques et individuelles ainsi qu’en matière d’infrastructures socioéconomiques de base et de communications.
   Toutefois, des défaillances notoires dans le choix des hommes et des femmes chargés d’animer les institutions républicaines et de graves dérives dans l’exercice du pouvoir, notamment en matière de gouvernance politique, économique et financière, de pratiques électorales mafieuses, de petite et grande corruption ainsi que dans l’appréciation et la gestion des risques sécuritaires ont sérieusement sapé l’autorité politique et morale de l’Etat, entamé la confiance des citoyens dans la République et nourri la propagande et les velléités restauratrices des milieux anti-démocratiques, antirépublicains et obscurantistes.  
      Le coup d’Etat d’inspiration fasciste et restauratrice du 22 mars 2012 ainsi que l’occupation des deux-tiers du pays par une nébuleuse de séparatistes, de djihadistes et de terroristes sur fond de divers crimes organisés transfrontaliers, le tout assaisonné à la sauce d’une vicieuse propagande anti-démocratique et antirépublicaine exploitant le désarroi des couches populaires, ont mis en péril la République, la démocratie, la laïcité de l’Etat, l’intégrité du territoire national et l’existence même de la Nation.
  A la suite d’une transition chaotique 2012-2013 dans la conduite de laquelle l’esprit et les valeurs du 26 mars 1991 n’avaient aucune place, les élections générales de 2013, dont le calendrier a été fixé sur diktat de l’ex-puissance colonisatrice,  furent marquées de façon déterminante par l’influence corrosive d’un conglomérat obscurantiste de putschistes et de politiciens de type nouveau abusivement drapés du manteau de la religion.
  C’est donc sans surprise que, depuis 2013, se met en place un système de mauvaise gouvernance politique, économique, financière et sociale dont les conflits intercommunautaires et la cascade de grèves illimitées secouant plusieurs  secteurs vitaux de la Nation ne sont que l’un des symptômes les plus patents.
  Avec l’Accord d’Alger instaurant un système confédéral qui ne dit pas son nom et dans un mépris souverain pour le Peuple et ses institutions républicaines, le régime issu des élections générales de 2013 a créé les conditions politiques, juridiques et diplomatiques d’un risque réel de partition du Mali sur fond de rivalités extérieures pour le contrôle des importantes ressources stratégiques, y compris le solaire et les immenses réserves d’eaux souterraines.
  Pour couronner le tout, en l’absence de toute initiative majeure visant à relancer l’économie, à répondre à l’énorme demande sociale, à moraliser la gestion des affaires et des ressources publiques, à renforcer les Forces Armées et de Sécurité, à restaurer la souveraineté de l’Etat malien et sa crédibilité nationale et internationale, à restaurer et magnifier le civisme et le patriotisme, à conforter nos valeurs positives de société dans l’ouverture maîtrisée sur le monde extérieur et à enclencher une réconciliation nationale réelle, saine et durable car fondée sur la vérité et la justice, là où ses parrains putschistes ont échoué par la voie des baïonnettes, le régime issu des élections générales de 2013 s’emploie maintenant à vouloir casser la Constitution démocratique du 12 janvier 1992 pour y substituer une dictature s’appuyant sur précisément les mêmes forces sociales conservatrices et le même ordre politique d’exploitation et d’oppression du Peuple entretenus par la colonisation et dont notre Peuple s’est débarrassé en 1957 et, surtout, le 22 septembre 1960.
  Dans une fuite en avant effrénée pour mettre en œuvre l’Accord de la démission nationale que représente l’Accord d’Alger, de Conseil extraordinaire des ministres en session extraordinaire de l’Assemblée nationale, le régime actuel persiste dans sa volonté sournoise de saper les principes de la République, de la démocratie, de la laïcité de l’Etat et de l’unité nationale.
       Mais qu’il soit clair pour tout le monde, y compris l’ex-puissance coloniale qui rêve de faire marche arrière à la roue du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991 : si jamais l’Assemblée nationale abdique ses responsabilités face à la Nation, le Peuple malien réservera un résultat tout aussi extraordinaire au projet de referendum concocté par le régime actuel et destiné à ranger la Révolution du 26 mars et sa Constitution démocratique dans les oubliettes de l’Histoire.
  Aujourd’hui comme hier, seule la fidélité à l’esprit et aux valeurs du 26 mars 1991 peut et doit servir de lanterne et de balise pour une sortie durable de crise. Seul un vaste regroupement des forces patriotiques, républicaines, démocratiques et progressistes, couronné par un Congrès extraordinaire du Peuple malien, assurera la victoire du Peuple lors des élections générales de 2018. Ayant pris l’initiative de la création du Front Populaire le 6 juin 2016, l’ADPS y convie toutes les Forces Vives de la Nation, de l’intérieur comme de la diaspora.  
  Gloire éternelle aux martyrs du 26 mars 1991!
 Vive le Peuple malien !
 Vive la République !


                                       Fait à Bamako, le 24 mars 3017
                                       Pour le Directoire de l’ADPS
                                       Le Conseiller Politique

                                       Nouhoun Sarr