Tout en prenant acte du discours du Président de la République  à la Nation en date du 9 juillet 2020, le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè (Convention Nationale pour une Afrique Solidaire ) demande solennellement au Président de la République d’éviter à tout prix  d’ouvrir un nouveau front de contestation que ne manquerait pas de créer toute velléité de révision constitutionnelle destinée en réalité à forcer la mise en œuvre de l’Accord  antinational d’Alger , à étancher la soif revancharde  des forces nostalgiques de l’ordre sociopolitique colonial et à saper les valeurs et les idéaux du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961 et du 26 mars 1991.

Le Parti de l’Avant-garde militante et révolutionnaire du Peuple malien  maintient  que la crise multidimensionnelle qui secoue  notre cher pays, le Mali, et dont les racines remontent à plusieurs années avant l’avènement du régime actuel, découle largement de la trahison du 26 mars 1991 par des hommes et des femmes bien connus qui ont largement piétiné et laissé piétiner  la Constitution démocratique du 12 janvier 1992 que notre Peuple a vaillamment arrachée au prix du sang , des larmes  et de la sueur.

L’application stricte de la Constitution, accompagnée d’amendements aux lois organiques ou ordinaires et de l’adoption de  nouvelles dispositions législatives et règlementaires conformes à la Loi Fondamentale permet de corriger une bonne partie des lacunes observées dans les processus politique et électoral sans que soient nécessaires une dissolution immédiate de l’Assemblée Nationale, un remembrement téléguidé de la Cour Constitutionnelle ou de soit disant “élections partielles”, le reste étant tributaire de la qualité des hommes et des femmes incarnant et animant les institutions. En outre, le recours à la CEDEAO pour l’interprétation de la Constitution de la République   du Mali est un pas dangereux vers la transformation de notre Etat en une République bananière, un désaveu injustifié des nombreuses compétences nationales existantes en la matière et un glissement de plus vers l’internationalisation de la crise multidimensionnelle au mépris du principe sacrosaint d’appropriation nationale, démocratique et populaire.

 Le Mali pour tous, des chances égales pour chacun !

 

                                          Fait à Bamako, le 09 juillet 2020

                                           Pour le Bureau Politique National

                                              Le Secrétaire  Général

 

       

                                             Soumana Tangara